dimanche 24 janvier 2010

猿[singe]

Nagano est située du côté du Japon de l'envers, mais est très facile d'accès depuis la capitale. Il s'agit en effet en quelque sorte de la station de ski de Tokyo, qui se trouve à une heure et demi en Shinkansen. Une fois sur place, un train sans conducteur, très ligne 14, vous emmène jusqu'à Yamanouchi.


A l'arrivée du train , une musique pour version nippone de Heidi se met à résonner joyeusement autour de la gare.


Un ryokan/châlet de montagne, avec un kotatsu (couverture chauffante), du thé et un gâteau de bienvenue.


Le détail qui force l'admiration : en dessous du petit gâteau, non pas une femme nue comme au fond d'un verre de saké, mais un coeur "Bienvenue au Japon !"



Les lecteurs les plus attentifs l'auront sans doute remarqué, pour savoir quelle est l'attraction principale d'une ville japonaise, nul besoin de lire un guide touristique. Il suffit de regarder à ses pieds, plus précisément au niveau des plaques d'égoûts. A Yamanouchi nous avons donc...

... un singe. Dans une source chaude.

En effet, à une petite distance de la ville se trouve la Jigokudani, soit la vallée de l'enfer, un lieu où sont installés des macaques qui profitent de la présence d'un onsen pour se réchauffer.


A partir de là, il faut aller à pied sur environ deux kilomètres. Le moment le plus difficile est cette pente, mais la corde aide beaucoup.



Le feu et la glace.



Voici la fameuse source chaude, avec un singe qui se demande probablement s'il préfère plonger ou faire une bombe pour éclabousser les touristes.

Le singe en bas vient d'essayer de couler celui d'en haut, qui s'est dégagé et a vite regagné la terre ferme. Ca me rappelle 15 ans de vacances d'été.


Tape m'en vingt !


Une maman tient son petit d'un air protecteur. Une fois sortis de l'eau, les singes s'épouillent.


Un hommage subtil à Jean Gabin.


Au loin, des petits singes qui s'amusent dans la neige, sautant de branche en branche.


Les macaques passent leur temps à fouiller sous la neige pour y trouver des grains de maïs, qui ont probablement été planqué là par les gérants du parc.


Au passage, vous remarquez combien toutes ces photos ont été prises près de ces sympathiques quadrumanes.


En fait, ces derniers semblent complètement indifférents à la présence humaine.


Celà dit, je suppose que si des gens venaient me photographier sous ma douche tous les jours, au bout d'un moment je finirais par m'en foutre aussi.



De l'autre côté de ce pont rouge, la ville possède un quartier plus ou moins piéton comprenant un grand nombre de bains publics, cette fois uniquement réservés aux grands singes.




Malgré la température, on croise de nombreux japonais sortant du bain dans la rue à peine vêtus d'un yukata. En souvenir, ils tamponnent la serviette utilisée du sceau de l'établissement dans lequel ils viennent de se rendre.




Entre Yamanouchi et Nagano, il est vivement recommandé de s'arrêter dans la petite ville d'Obuse. La spécialité locale semble être le marron, et les rues semblent plutôt tranquilles, sauf lors des attaques intempestives de scarabées géants métalliques.


FIGHT !

Si la ville mérite qu'on s'y arrête, c'est en grande partie parce qu'il s'agit de celle où Hokusai, grand maître des estampes ukiyo-e, a fini sa vie. Si tout le monde connait quelques unes de ses 36 vues du mont Fuji, le musée qui lui est dédié à Obuse comprend de nombreux originaux, dont des sortes de bandes dessinées assez curieuses et deux chars qu'il a lui-même décorés.


Le musée Hokusai.



A Nagano même se trouve l'un des temples bouddhiques les plus anciens du pays, le Zenko-ji. Le temple date du VIIème siècle et abrite une très ancienne statue représentant Bouddha, qui n'est jamais montrée au public. Le temple est très populaire : le jour des nouveaux adultes (un jour férié donc), j'ai pu voir la foule s'y presser pour toucher une statue de Binzuru (un proche de Bouddha), geste sensé guérir les maladies, ou faire la queue pour se faire tamponner la tête à coups de coussin par un prêtre, geste auquel je n'ai pas encore trouvé d'explication.


Le premier portail.


L'habituelle rue marchande juste avant le temple. Comme vous pouvez le constater, il y avait du monde.


Chacun de ces six bouddhas protège les habitants de l'un des 6 monde de la métempsychose, dans lesquels, selon le bouddhisme, les âmes se réincarnent jusqu'à ce qu'elle parviennent à briser le cycle. Chaque statue possède un accessoire différent, qui permet je suppose, d'identifier le monde sur lequel il veille.


Un septième bouddha, plus gros et à l'écart des autres. Il est dit "mouillé", car il a été construit après un incendie qui a détruit le temple, dans le but de protéger le bâtiment contre ce type de calamité à l'avenir.


La deuxième porte, encore plus massive que la première.


Finalement, le temple lui-même.


Ce monument commémore une révolte paysanne réprimée dans le sang.


Appréciez la neige sur le toît du temple. De manière générale, il n'y a pas assez de neige sur ce blog. Je vais devoir y remédier au plus vite.


Oui, ces deux vaches se trouvent également dans l'enceinte du temple...


... ainsi que ce banc. On se souviendra peut-être qu'à Kyoto, un autre temple (le Sanjusangendo) avait des bancs Coca-Cola. Les deux marques doivent se livrer une guerre sans merci pour monter des joint-ventures avec les différents courants religieux japonais.


Quel genre de créature pourrait laisser de telles traces de pas ?



Il y a quelques paragraphes, j'avais évoqué le rôle salutaire des plaques d'égoûts pour le touriste en promenade au Japon. A Nagano, elles représentent évidemment...


... le logo des Jeux Olympiques 1998.

La ville, voire la région, semble encore vivre dans le souvenir de ses 15 jours de gloire médiatico-sportives, si l'on en croit les nombreuses affiches toujours exposées dans certains commerces et ryokan. D'autres traces sont les diverses installations construites pour l'occasion.


Le monument commémoratif, à côté de la gare : une torche aux couleurs des JO.


Un peu plus loin, la M-wave, ainsi nommée parce qu'en coupe longitudinale, c'est une vague...


... et en coupe transversale, un M.


A l'intérieur, une vaste piste de patinage de vitesse. Au milieu, on peut aussi jouer au hockey.



La liberté de mouvement est un concept cher aux démocrates du monde entier. Après tout, si l'on ne peut plus se déplacer sans entraves d'un point A à un point B, sortir de chez soi, entrer dans une boulangerie pour acheter un croissant au beurre, sortir du boulot pour aller à Akihabara, rentrer chez soi après avoir traversé la moitié de la ville sans but aucun, qu'en reste-t-il, de la liberté ? Rien. Absolument rien. C'est pourquoi il faut se défendre contre toute atteinte à ce droit fondamental, où qu'elle se déroule. Même, et surtout, dans le métro.


"Bloquer la porte de sortie ? Faites le plutôt chez vous."

4 commentaires:

Harl a dit…

VAS-Y ULTRAJIBI, PETE-LUI LA GUEULE A CE PUTAIN DE SCARABEE !!!!

Remz a dit…

Wow!!! Trop bien les macaques. D'ailleurs ils auraient du exploiter le potentiel pendant les JO. Du genre "Saut à ski avec des macaques qui vous lancent des pommes de pins" ou "Patinage artistique en catégorie danse sur glace, couple humain-macaque"

En plus Nelson "lexilogos" Montfort et Pierre "j-ai-connu-15-jours-de-gloire-à-Nagano-pendant-mes-40-ans-de-carrière" Fulla auraient apprécié!

Jacob D-M a dit…

As-tu pu vérifier si les vaches normandes étaient bilingues ?

Anonyme a dit…

moi le macaque que je préfère c'est celui avec un blouson de cuir noir ...Raquel D-M qui n'a pas de compte Google mais n'est pas anonyme!