dimanche 17 janvier 2010

蝋[cire]

Située au sud de Shikoku, la préfecture de Kôchi ressemble à un croissant au beurre. Au milieu du croissant, se trouve la ville principale, et la quatrième de mon voyage...

La gare de Kôchi est surmontée d'une fort jolie coque en bois, qui la classe automatiquement parmi les plus sympathiques que j'ai vues.


Elle ne rend pas très bien vue de l'extérieur, mais par en dessous, vous pouvez constater qu'elle est bien charpentée.

Shikoku est bien l'île aux 40 000 rivières, comme le prouve ce nouvel exemple.


Ce pont rouge, Harimayabashi, se situe dans le centre ville. Il commémore la passion interdite d'un moine bouddhiste pour une nonne.



Kôchi est particulièrement recommandable pour son château, construit au XVIIème siècle par Katsutoyo Yamauchi, probablement le plus gros fourbe de l'histoire du Japon.


Une statue de Katsutoyo. Il est connu pour avoir été un soldat fidèle d'Hideyoshi Totoyomi, le deuxième unificateur du Japon, avant de le trahir en plein milieu de la bataille de Sekigahara pour s'allier avec son ennemi, Ieyasu Tokugawa. Ce dernier gagna, décidant de l'histoire du Japon pour deux siècles et Katsutoyo eut la joie de construire un château et probablement de mourir dans son lit.


La statue de Chiyo, la femme de Katsutoyo. Selon l'histoire, c'est elle qui aurait soufflé à son mari l'idée de retourner son kimono juste au bon moment.


Les deux semblent jouir d'une excellente réputation à Kôchi. Kasutoyo n'y est pas qualifié de "Judas Iscariote de l'Extrême orient", mais plutôt décrit comme "ayant su avec habileté naviguer sur le fleuve complexe des relations politiques de l'époque".

Evidemment, il existe une version kawaii de nos sympathiques traîtres. Veuillez accueillir Kasutoyo-kun et Chiyo-chan !


I HAVE SEEN TRHOUGH YOU ! STOP YOUR CHEERY LIES !


Tout près du château se trouve également la statue d'un autre héros local, Taisuke Itagaki. L'homme s'est sans relâche battu pour la démocratie et a fondé le premier parti politique du pays. Il fut un jour victime d'une tentative de meurtre au couteau. Ses vêtements trempés de son sang, il hurla "Itagaki peut bien mourir, mais la liberté jamais !".


Bon, il a survécu. Mais c'est quand même la classe.


Otemon, l'entrée principale du château.


A l'intérieur de l'enceinte, une surprise m'attendait. Quelque chose semblait se préparer.


Des sapins de Noêl en métal ?


Des verres d'eau à moitié remplis ?


Des sacs en papier avec des dessins qui font peur dessus ? Mais où suis-je tombé ?

En regardant un peu autour de moi, je me suis rendu compte qu'il fallait revenir à la nuit tombée pour mieux comprendre. Laissant mes questions de côté pour le moment, je suis rentré dans le château.


Honmaru, la forteresse principale.


Une version réduite du château tel qu'il était à l'époque. A noter que Kasutoyo ne vivait pas dans Honmaru, mais dans Sannomaru (troisième citadelle), située un peu plus loin.


Kasutoyo est un fourbe II : on peut comprendre un homme politique paranoiaque qui installe une pièce secrète, voire deux, dans son château. Mais quatre dans la même pièce ?


La désormais traditionnelle vue de la ville d'un point surélevé.

Kasutoyo est un fourbe III : voici la fausse porte du château. Bien en évidence, de potentiels ennemis l'attaqueront tout de suite. Quand ils seront enfin parvenus à la détruire, ils entreront d'un pas épuisé mais conquérant dans... une cour vide. Je suppose qu'à l'époque, Kasutoyo avait installé une piscine avec des requins juste derrière.

Je ne saurai clôre cette partie sans un petit interlude culinaire : comme le rappelle une charmante maquette, l'une des spécialités locales de Kôchi est la baleine.


Nos vaillants héros ont réussi à encercler un monstre !


La lutte est féroce ! Elle fonce droit sur eux !


Après la lutte, un petit moment de détente avant le dîner, avec un atelier découpage.


Et après, ils nous mettent ça dans la rue. Je suppose que ce n'est pas plus crétin qu'un cochon hilare sur un emballage de jambon, au fond.


De retour au château, vers 7 heures du soir, j'ai pu confirmer que j'étais par hasard au bon endroit, au bon moment. Démarrait une sorte de festival avec des bougies partout, donnant un aspect très irréel au lieu, sur fond de musique pop jouée par un groupe local.


Le chemin, balisé comme une piste d'aterrissage.




Une soucoupe volante ?


Quand j'aurai une vraie maison, elle sera comme ça !


De nuit, les sacs en papier font encore plus peur, en fait.


Le propriétaire de la soucoupe volante. C'est confirmé, nous ne sommes pas seuls.


Ce dessin impressionnant se trouvait juste à côté du château, comme un bouquet final.


Au prochain message, une petite pause dans ce carnet de voyage pour évoquer une sortie plus récente. Il y aura des singes.

2 commentaires:

Harl a dit…

Des crop circles ! Des putains de crop circles qui brillent dans le noir !

Bon, sinon, marrant, je le connaissais pas, le Kasutoyo. Pourtant je pensais avoir un brin potassé mon ère Sengoku à mon moment, mais non. Faut croire que je préfère ce gros fourbe de Nobunaga-le-mal-aimé. Tout ça parce que c'était un gros bourrin et un génie politique. Bon, et ptêt un peu un enfoiré aussi.

Ah, et dernier truc, un gros lulz pour Taisuke Itagaki. Genre le mec qui pense à sortir des dernières paroles trop classes, en les beuglant bien pour être sûr que les gens impriment bien, puis qui ne meurt pas. Probablement les pas tout à fait dernières paroles les plus célèbres du monde.

Jacob D-M a dit…

La fois dernière, tu termines par une tombée de nuit, cette fois-ci par une illumination de chandelles. Ta poésie visuelle est éblouissante.