Comme Janus ou Harvey Dent, le Japon a deux faces. Si vous lisez ce blog avec assiduité, vous commencez à bien connaître le Japon de l'endroit : bordé par l'océan Pacifique, c'est le pays moderne parcouru par le Shinkansen que l'on voit systématiquement dans les reportages et que j'ai déjà beaucoup parcouru. Le Japon de l'envers est moins facile d'accès. Il se trouve de l'autre côté des montagnes qui occupent le centre du pays, est beaucoup plus rural et se visite exclusivement en Train à Petite Vitesse. Même les combini ne sont pas les mêmes. Pour ma première excursion dans cet autre Japon, j'ai décidé d'aller me promener à Kanazawa en bonne compagnie. Pour y aller, il nous a fallu 4 heures de trajet : une pour traverser le Japon, puis trois autres, entre les montagnes à l'Est (le paysage rappelant d'ailleurs bizarrement la Savoie) et la mer du Japon, à l'Ouest.
海
La gare de Kanazawa présente un intérêt certain. C'est probablement l'une des plus remarquables parmi celles que j'ai vues jusqu'à présent, avec celle de Kyoto. Si l'intérieur du bâtiment n'a rien de particulier...
L'entrée du lieu. Comme ça, on dirait une vulgaire station de métro.
... il suffit de se reculer de quelques pas pour s'apercevoir que l'endroit est tout sauf ordinaire.
... soutenant une structure verre/métal.
Comme toujours, les environs de la gare sont marqués par des monuments pour le moins curieux.
茶
Comme vous l'avez constaté sur les photos précédentes, le temps n'a pas été particulièrement clément. Heureusement, Kanazawa comprend de nombreux musées où s'abriter en attendant une éclaircie. Nous sommes donc allés tuer le temps au musée d'art moderne du XXIème siècle.
Des chaises appartenant probablement aux bunny girls que j'avais croisées la veille (et une untold story, une !).
Il était évidemment interdit de prendre des photos à l'intérieur de la partie payante du musée. L'exposition temporaire était consacrée à un graphiste du nom de Yokoo Tadanori. L'individu est manifestement obsédé par les intersections en Y (probablement à cause de son initiale), fait des clins d'yeux appuyés à Marcel Duchamp (allant jusqu'à intituler un de ses tableaux A woman's behind is hot) et a produit une série de tableaux parodiant ceux d'Henri Rousseau (le musée présente à chaque fois une carte postale reproduisant l'original, ce qui permet d'en apprécier tout le sel). Selon l'avis d'une personne qui s'y connait un peu mieux en art, c'est un peu facile ; personnellement, j'ai trouvé ça très rigolo.
L'exposition permanente, malheureusement, correspondait beaucoup plus à mes préjugés sur l'art moderne : de grandes salles quasiment vides, avec deux-trois tableaux représentant on ne sait pas trop quoi. Quelques pièces m'ont cependant intéressé : un montage vidéo particulièrement vicieux à base de moutons multiples, une pièce incroyablement kawaii, et une piscine dans laquelle on peut marcher (vu d'en haut, celà doit être saisissant).
L'exposition permanente, malheureusement, correspondait beaucoup plus à mes préjugés sur l'art moderne : de grandes salles quasiment vides, avec deux-trois tableaux représentant on ne sait pas trop quoi. Quelques pièces m'ont cependant intéressé : un montage vidéo particulièrement vicieux à base de moutons multiples, une pièce incroyablement kawaii, et une piscine dans laquelle on peut marcher (vu d'en haut, celà doit être saisissant).
Ouah ! Ils ont un immeuble 109 aussi ! Malheureusement, ça doit vouloir dire qu'ils ont des gyaru...
Une carte de la ville en relief.
夜
Le lendemain matin, profitant d'une éclaircie, nous avons enfin pu nous attaquer à la raison majeure qui m'a poussé à me rendre de ce côté du pays : la visite du Kenroku-en, ("jardin aux six éléments") l'un des trois plus beaux jardins du Japon. Ci dessous, tout plein de photos commentées.
L'un des six éléments que le jardin rassemble est la fraîcheur : en conséquence, on y trouve deux étangs ainsi que plusieurs cascades.
La lanterne Kotojitoro, symbole du jardin voire de la ville toute entière. Sa forme est particulièrement inhabituelle, puisqu'elle n'a que deux pieds.
Deuxième vue de la lanterne.
Le jardin, légèrement surélevé, permet d'avoir une bonne vue sur la ville.
Le jardin contient de nombreux symboles : l'île carapace de tortue, symbolisant l'île légendaire de la jeunesse...
Une lanterne qui ressemblant à la pagode Omuro de Kyoto. Que je n'ai jamais vue, mais bon...
Une maison d'architecture typique, qui appartenait aux Maeda, le clan qui a dominé cette partie du Japon par le passé. L'extérieur était en rénovation, et l'intérieur non photographiable mais effectivement digne d'intérêt. Certaines des chambres avaient au plafond du bleu outremer, importé soit de France, soit d'Afghanistan selon les différents panneaux explicatifs (décidément, les Japonais semblent avoir de légers problèmes en géographie...).
?
Pour moi, le jardin justifie à lui tout seul la visite de la ville, même si cette dernière possède d'autres charmes. J'imagine par ailleurs que l'expérience doit être totalement différente lorsqu'on le voit sous la neige ou à la saison des cerisiers en fleurs. Dans tous les cas, l'endroit a placé la barre très haut, et j'espère que les deux autres jardins, que je compte aller visiter sous peu, seront à la hauteur.
六
La journée s'est poursuivie par un saut au quartier des samurai.
... et les explications techniques qui vont avec.
La visite aurait été complète avec un petit tour dans le quartier des geisha. Malheureusement, devant une pluie battante et un froid intense, nous avons déclaré forfait. Nous avons donc attendu notre train devant un film d'animation, La résurrection de Bouddha, un film à base de lycéenne magique, de méchant bouddha avec une plateforme à tentacules, de baseball et de gentil bouddha avec un éléphant blanc et un sabre laser. Je n'ai été qu'à moitié surpris d'apprendre ultérieurement que le film a été produit par une secte nippone, au nom sympathique de Happy Science (qui possède d'ailleurs son propre parti politique, le parti de la réalisation du bonheur). Rassurez vous, ma connaissance encore approximative du japonais, si elle me cause occasionnellement bien des soucis, m'a protégé du lavage de cerveau.
Si Kanazawa est un bon étalon, alors l'autre côté du Japon mérite certainement le coup d'oeil. Je compte à nouveau franchir les montagnes un de ces jours pour le vérifier.
A l'instar du pays qui les a vues naître, les Japonaises ont aussi deux visages. Elles sont capables de passer aisément de l'un à l'autre en un quart d'heure, absolument n'importe où. Leur apparence, ainsi que leur voix, peuvent changer du tout au tout. Cela ne va pas sans poser problème : en effet, imaginez la stupeur et l'effroi du salaryman moyen qui s'endort dans le métro en face de sa femme pour se réveiller devant une parfaite inconnue portant exactement les mêmes vêtements ! Les autorités tokyoïtes se devaient une fois de plus de réagir pour mettre fin aux divers malentendus et drames engendrés par le phénomène.
Si Kanazawa est un bon étalon, alors l'autre côté du Japon mérite certainement le coup d'oeil. Je compte à nouveau franchir les montagnes un de ces jours pour le vérifier.
来
A l'instar du pays qui les a vues naître, les Japonaises ont aussi deux visages. Elles sont capables de passer aisément de l'un à l'autre en un quart d'heure, absolument n'importe où. Leur apparence, ainsi que leur voix, peuvent changer du tout au tout. Cela ne va pas sans poser problème : en effet, imaginez la stupeur et l'effroi du salaryman moyen qui s'endort dans le métro en face de sa femme pour se réveiller devant une parfaite inconnue portant exactement les mêmes vêtements ! Les autorités tokyoïtes se devaient une fois de plus de réagir pour mettre fin aux divers malentendus et drames engendrés par le phénomène.
6 commentaires:
As-tu remarqué ? Il n'y a que Mme Mabuse qui mate ce coup-ci. L'inconvenance du ravalement de façade en public se doublerait de celle des idées perverses ainsi inspirées à Monsieur s'il s'avsait de fixer la femme fardée... A mon avis, il regarde dans un angle hors champ sans se faire voir et sans réprouver, notre voyeur. Mais trop, ce serait décidément trop !
La gare de Kanazawa a complètement la classe ! Et le jardin aussi, même si le côté exceptionnel est toujours aussi peu aisé à rendre en photos.
Pour la piscine dont tu parles, c'est quoi exactement ? Tu marches au fond de la piscine vide, et y'a une pellicule d'eau qui court au plafond ?
Par contre, je te hais pour la zouk.
Et pour le "uchi de yarô", bah, comme d'hab', c'est complètement nawak.
Suberbe jardin !
Me La maudite, n'a sûrement pas accès à ce genre de compétence pour se changer en une autre personne, c'est de la jalousie pure et simple :]
@Harl : pour la piscine, c'est ça. L'intérêt est que vu de l'extérieur, on a l'impression que tu marches sous l'eau, ce qui fait des photos intéressantes. Malheureusement, l'accès extérieur était fermé pour cause de pluie.
@tous : ce que je trouve remarquable dans les deux dernières affiches de Tokyo metro, c'est que Me la maudite continue à regarder d'un air chafouin des gens nettement plus sympathiques et qui ne lui ont rien fait alors qu'elle n'est MÊME PAS DANS LE MËME WAGON.
Me la Maudite est simplement JALOUSE. Oui.
Parce qu'elle n'a pas la trousse à maquillage magique qui te transforme en beauté au chignon fatal.
Mine de rien, elle a de beaux yeux très expressifs. Ça serait bien de se déguiser comme ça, un jour.
Armie
Vous maquiller, peigner, épouiller les cils, mettre des gouttes dans les yeux et de la menthe dans le narines ?
D'expérience récente, je soutiens le Japon ;p
Enregistrer un commentaire