En fin de semaine dernière, je me suis rendu à Kôbe. Hors des frontières nippones, la ville est surtout connue pour son boeuf, qui pour mériter son label doit être élevé dans le luxe le plus complet (nourri à la bière et massé à la main à moins que ce ne soit l'inverse), et pour le tremblement de terre particulièrement meurtrier qui l'a dévasté en 1995.
La gare de Shin-Kôbe. Ce blog devra bientôt être renommé "Jibi, l'homme du train" vue la constance avec laquelle je fais l'article pour Japan Railways.
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On le sait moins, mais Kôbe est aussi le deuxième port du pays. La zone du Meriken Park, autrefois le quai où les Etats-Uniens venaient décharger leurs cargos, comprend un certain nombre de choses à voir.
Une réplique du Santa Maria, l'une des trois caravelles de Christophe Colomb
Dans un coin du Meriken park se trouve un mémorial consacré au séisme de 1995. Il se compose d'une petite installation donnant des informations sur l'évènement, ainsi que d'une portion de quai laissée en l'état.
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A l'instar des autres grands ports du pays, comme Yokohama et Nagasaki, Kôbe se distingue par une plus grande influence étrangère. On y trouve ainsi un quartier chinois baptisé "Nankintown".
L'une des entrées du quartier
J'ai été très surpris de constater que ce quartier est quasiment identique au chinatown de Londres, visité il y a deux ans : très petit, constitué de deux rues (Est-Ouest et Nord-Sud) qui se croisent au niveau d'une petite placette où l'on trouve une pagode rouge sous laquelle des jeunes gens ont l'air de s'ennuyer.
Les jours de fête par contre, ca doit valoir le déplacement.
La petite place est ornée de statues des douze animaux du zodiaque chinois :
... le... mais qu'est ce que tu fous ici toi ? Disparais !
中
L'influence étrangère se constate également à la teneur particulièrement élevée en franponais des commerces de la ville.
FESTIVAL FRANPONAIS !!!!!!!
Un concurrent du café de Oni ?
仏
Au Nord de la ville se trouve le quartier de Kitano. On y trouve un certain nombre d'ijinkan, maisons qui appartenaient autrefois à des riches commerçants non japonais établis ici entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. L'endroit est certainement ultra-exotique pour les Japonais qui viennent le visiter en masse. Les jours où il ne pleut pas, on peut même y croiser des Japonaises déguisées en Hollandaises, ce qui peut faire fantasmer, mais n'est finalement pas plus bizarre que moi en yukata.
Kôbe est une ville à taille humaine, qu'il est facile de parcourir à pied en suivant ses axes majeurs, la flower road ou la ligne de métro aérien. Du séisme, il reste heureusement bien peu de traces ; quand au boeuf, il y est effectivement délicieux. Pour moi, la ville fait beaucoup penser à Nagasaki : elles ont en commun un désastre dont elles se sont relevées , un métissage architectural et culinaire dû à une présence occidentale et chinoise ancienne, et, ce qui tranche avec le reste du pays, l'esprit pionnier des villes tournées vers le large.
1 commentaire:
Toujours pas de commentaire... Les vacances peut-être. Pour moi une excellente page de guide touristique : tu donnes envie d'y aller. Chou à la crèmerie, j'adore ! C'est vraiment délicieux. J'ai très envie d'y goûter.
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