Pour le dernier jour à Kyoto, nous avons fait une grande promenade avec des pauses temple régulières, un peu comme le chemin de la philosophie, mais de l'autre côté de la ville. Nous nous sommes tout d'abord rendus au Daitoku-ji, un sanctuaire comprenant pas moins de 24 temples.
L'un des nombreux bâtiments.
Nous avons pu en particulier y visiter un jardin zen dans un temple appelé Daisen-in. Chaque caillou ou arbre, semblant pour le néophyte (e.g., moi) placé au hasard, représente en fait un élément du cycle de l'existence tel qu'il est conçu dans le bouddhisme. Heureusement, un mode d'emploi est fourni aux visiteurs, ce qui permet d'identifier l'arbre sous lequel Bouddha a atteint l'éveil, ou la tortue qui nage contre le courant (symbolisant l'être qui tente vainement de s'accrocher à sa jeunesse) de la rivière de la vie, représentée par du gravier impeccablement ratissé.
石
Nous avons ensuite marché jusqu'au Kinkaku-ji, le temple du pavillon d'or. Incendié par un jeune moine en 1950, le pavillon a été reconstruit à l'identique. Au sommet, ce que l'on pourrait prendre par erreur pour une girouette est en fait un suzaku, l'équivalent local du phoenix.
Le pavillon d'or en met plein la vue : c'est une gal de Shibuya aussi blonde que bruyante avec de gigantesques boucles d'oreille, une jupe lamé or achetée à l'immeuble 109 et des ongles à paillettes de trente centimètres - et le pavillon d'argent est sa copine banale à lunettes et cheveux noirs qui va garder les sacs (forcément Vuitton) toute la soirée. Cependant, j'ai une petite préférence pour ce dernier : comme je l'ai dit dans un précédent message, son côté simple lui sied bien, et je trouve par ailleurs ses jardins beaucoup plus agréables.
金
Nous avons repris la route, sommes passés devant le musée d'art moderne...
Nous n'y sommes pas rentrés, mais vu l'extérieur, ça devait valoir le coup
... et avons atteint le Ryoan-ji, où se trouve l'un des jardins zen les plus réputés du Japon. A juste titre. Composé par le peintre Soami, il comprend en tout et pour tout 15 pierres, dans un rectangle de gravier ratissé. Elles sont disposées de façon à ce qu'on ne puisse jamais en voir plus de 14 à la fois. Contrairement au jardin du Daisen-in, aucune explication n'est donnée. Selon l'intention de l'auteur, c'est à chacun, en contemplant le jardin, de décider de ce qu'il représente. Vous pouvez vous y essayer avec les photos ci dessous.
Bon, évidemment, avec le jardin en quatre morceaux, il va vraiment falloir faire travailler votre imagination.
Et ces trois là, qu'ont-ils vu ?
Au passage, le "jardin sec" est certes reconnu comme la quintessence de l'art zen, mais le jardin mouillé n'est pas mal non plus.
La promenade s'est achevée, après quelques détours encore plus beau parce qu'inutiles, au plus vieux temple de la ville. le Koryu-ji, fondé en 622. Il abrite notamment une représentation du Bouddha du futur qui date du VIIème siècle. La statue est encore une fois remarquable pour sa simplicité.
Suite à cette journée qui a fait travailler notre imagination (ou développé notre apophénie), nous sommes rentrés à l'hôtel où je me suis aperçu en lisant un mot probablement laissé par Keyser Söze que j'ai dormi pendant cinq jours dans une chambre qui n'existe pas.
変
C'est la rentrée, et... non, là j'en peux plus. Jugez par vous-même :
Devant un truc pareil, je crois que la seule chose à faire est de tenter d'imaginer les prochaines affiches de prévention :
- un jeune homme à l'air heureux est en train de faire griller des yakitori sur un barbecue dans le wagon de métro. M le maudit et sa femme le regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt dans votre jardin."
- 48 lycéennes entament une chorégraphie et une chanson également approximatives dans le wagon de métro. M le maudit et sa femme les regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt au karaoké."
- un jeune couple est en train d'oeuvrer à la relance de la natalité à même le sol du wagon de métro. M le maudit et sa femme regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt au love hotel."
- un jeune homme à l'air heureux est en train de faire griller des yakitori sur un barbecue dans le wagon de métro. M le maudit et sa femme le regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt dans votre jardin."
- 48 lycéennes entament une chorégraphie et une chanson également approximatives dans le wagon de métro. M le maudit et sa femme les regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt au karaoké."
- un jeune couple est en train d'oeuvrer à la relance de la natalité à même le sol du wagon de métro. M le maudit et sa femme regardent d'un air désapprobateur. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. "Faites-le plutôt au love hotel."
9 commentaires:
Je tiens à apporter mon grain de sel.
1) Merci de me rappeler le nom du Daisen-in. Je ne m'en souvenais pas, et n'ai du coup pas pu y retourner à mon dernier séjour à Kyoto. Dieu sait pourtant que ce jardin m'avait enchanté et détendu (oh oui, je suis détendu détendu détendu).
2) Cette affiche. Non mais cette affiche. En 2 ans au Japon le truc le plus hallucinant que j'aie vu dans le métro était la fois où mes potes sont tous partis en costumes de Power Rangers à Shibuya. Et encore, à part parler fort et taper des poses, rien de méchant. Mais un mec visiblement pas bourré qui fait des tractions, non, je ne crois pas. Hautement improbable. Ils sont tous occupés à jouer à Monster Hunter 3.
3) Pourquoi pas un merveilleux "voter pour le centre-gauche, faites-le dans un autre pays" ?
Je ris.
Pour de vrai.
Ce n'est pas une moquerie, juste la dernière image du métro hein :)
Eh bien, nous, les voyageurs de l'impossible, nous avons vu dans un train de banlieue de retour de Kamakura, un ou deux collégiens tenter de montrer la puissance de leurs jeunes muscles à un groupe de collégiennes jouant les indifférentes. L'affiche est indispensable !!!
Peut-être dois-je justifier le choix de mon nouveau pseudo : vu que tu me montres de dos face à un jardin zen, "Anonyme" me semble désormais le plus approprié. Note que ce revirement reste toutefois plus mesuré que les changements d'identité de Prince.
Je préfèrerais que tu t'identifies d'une façon ou d'une autre quand même si possible à l'avenir. non pas que je sois pas capable de te reconnaitre, mais c'est plus convivial.
Je vais donc chasser tout doute existentiel sur mon identité en me renomman d'un nom qui n'est pas le mien, puisque tu l'exiges !
J'aimerai bien savoir comment travaille le ratisseur. Avec un jet pack ?
Tu en as encore beaucoup des images du métro ? Il y a des artistes qui ne vivent que de ça ?
En fait, le ratisseur a atteint un tel niveau d'éveil qu'il lévite.
Pour les affiches du métro, j'en récupère une nouvelle tous les mois, et je les place ici quand j'ai le temps.
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