dimanche 30 août 2009

火[feu]

Retour au présent, enfin presque. Le week end d'il ya dix jours a été particulièrement intense, au point que j'en suis resté épuisé pendant une semaine, et que seul un sommeil épique de 13h00 dimanche dernier a pu me remettre sur pied. Tout a commencé vendredi soir avec quelques collègues au Shidax, un karaoké de Shibuya dont chaque étage est décoré aux couleurs d'un conte différent. Tombant dans le terrier du lapin, nous sommes arrivés au mépris de toutes les lois physiques à l'étage numéro 5, consacré à une version punko-shibuyette d'Alice Liddell (Curiouser and curiouser, indeed). S'est ensuivi un karaoké de quatre heures, principalement en japonais. Et c'était bon. la prochaine fois, je tente l'étage "Moon Princess".



Le lendemain, à peine remis de notre gueule de bois musicale, nous nous sommes lancés à 7 dans une imitation saisissante de Raoul Duke et du Docteur Gonzo, partant vers une plage de la préfecture de Chiba avec 33 000 yen de feux d'artifices dans un véhicule de location.

"Allez Robin ! A la Chiba-mobile !"

Il est possible d'aller de Tokyo à Chiba en ligne droite. Il suffit de passer la moitié de la route sous la baie de Tokyo. Bizarrement, le tunnel débouche sur une plate forme en pleine mer, et l'autre moitié du chemin se fait sur un pont.


Au loin, le port de Tokyo. Peut-être.


La plate-forme contient en fait une sorte de centre commerciale avec des burgers en plastique qui ont l'air délicieux. On y trouve aussi des sculptures de chiens manifestement en plein trip sous datura, que je n'ai malheureusement pas prises en photo.

La plage était fort agréable : une cahute en bois nous a procuré nourriture puis ombre. Des petits vieux qui m'appelaient onii-chan (grand frère) m'ont témoigné leur admiration devant ma brasse plombée ainsi que devant la blancheur de ma peau de jeune cadre dynamique, avant de baragouiner dans un patois incompréhensible. J'ai été lamentable au frisbee. Bref, une après midi délicieuse.


I'm hot, I come to the playa. I'm feeling good and I want to partaya.


Le soir est arrivé le plat de résistance : le carton de feux d'artifice. Ca nous a pris deux heures de tout faire exploser, mais ça en valait la peine. Les feux étaient très variés, entre ceux que l'on pouvait tenir à la main, et ceux qu'il fallait allumer puis fuir au plus vite.


ALOHOMORA !


On a pu faire un paquet de voeux ce soir là.


Un vague aperçu du carton aux merveilles.


N'approchez pas !


Comme un vrai.

It's all done with smoke and mirrors


Les meilleurs feux d'artifices : ils se mettent à tourner tout en éclairant.


La belle rouge !


La belle verte !


La belle... AAAAAH MES YEUX !


Le bouquet final ?

Tout ça s'est achevé par une discussion incohérente sur la plage pendant deux autres heures, puis par un retour en ville entre 2 et 5 heures du matin. La saison des feux d'artifices est maintenant finie, mais on lui aura fait un véritable bûcher viking pour saluer son départ.



Dimanche, enfin, je suis allé à mon rendez-vous avec une grande amie d'Oxford et son fiancé. Le genre de rendez-vous auquel j'irais probablement même en rampant (d'ailleurs...). Après un déjeuner d'okonomiyaki, ce qui remet en forme, nous nous sommes rendus à Odaiba, quartier portuaire de Tokyo. Dès la descente du train, c'est la queue. Les Japonais se dirigent en masse vers un même but...


Un gigantesque robot Gundam !

Pour les 30 ans de Gundam, série animée culte qui a déclenché plus d'une vocation de roboticien (et dont je n'ai jamais vu un seul épisode), un robot de 18 mètres a été construit. Habilement dissimulé par des arbres, il ne défigure pas le paysage. En fait, sans la foule, nous ne l'aurions sans doute pas trouvé. Le robot tourne de temps en temps la tête, déclenchant à chaque fois des "びっくりした" ("je suis surpris !") adorablement surjoués.


Il me regarde !

Il est possible de passer entre les jambes du robot et de le toucher, ce que nombre de personnes s' empressent de faire, comme devant les stigmates d'un messie en métal de 18 m de haut. Le tout ressemble d'ailleurs beaucoup à une scène religieuse. Personnellement, une goutte m'est tombée sur la tête en passant sous l'engin. J'ose espérer que c'était de l'eau.


Apparemment, c'est un monsieur


Conclusion de mon amie : "Japanese sure are weird people".


Pas mieux.


La journée s'est poursuivie par un passage dans un magasin d'animaux végétaux censément mignons mais dont l'air dépressif coupe franchement l'appétit...


Un chien patate. "Ne me mangez pas", semble-t-il supplier...

... un tour près de la baie...


Apparemment, tout le monde en a une, en fait.

... la désormais classique virée à Akiba...


Pour reprendre l'expression d'une collègue, sayonara Tarô Sensei. Ton amour du manga et tes dérapages politiquement incorrects me manqueront, cool old dude.

... pour finir au karaoké à Ueno, puis dans un restaurant traditionnel. J'ai passé une journée fantastique, même si je ne sais pas quand aura lieu la prochaine. Aussi vite que possible, j'espère.



Au Japon, l'été est une saison propice à beaucoup de choses : la pluie, les feux d'artifices, les gros robots et les crimes passionnels. Cependant, il faut prendre en considération le personnel d'entretien des stations de métros et ne pas se débarrasser de sa moitié n'importe où, comme vient nous le rappeler ce poster plein d'à propos.


"Pousser votre conjoint vers une mort certaine ? Faites le plutôt à la plage."

2 commentaires:

Harl a dit…

ien patate est en fait une des peluches de la gamme "les grains d'edamame kawaii pour les nuls", soit l'équivalent nippon d'essayer de se faire du blé en rendant charismatique un petit pois. Je ne te cacherai pas que parmi cette série de peluches, il y a le grain de nattô...

Unknown a dit…

le gundam géant est magnifique... la pyrotechnie aussi, en France ce genre de truc est illégal...jaaaaaaaponnnn...