mardi 8 septembre 2009

島[île]

Nous avons passé les deux derniers jours de cette semaine de voyage à Hiroshima. Après avoir cherché notre hôtel pendant une bonne heure sous la pluie, pour finalement découvrir qu'il se trouvait à 5 minutes à pieds de la gare, nous nous sommes rendus au parc du mémorial pour la paix. Dès l'abord, on peut voir un bâtiment impressionant : le dôme de la bombe A. Il s'agit des ruines de la Chambre de commerce de la ville, qui est restée debout malgré sa proximité d'avec l'hypocentre de l'explosion.

La ville a décidé de ne pas rénover le bâtiment, mais de le conserver tel quel.

En s'avançant, on passe à côté de la flamme pour la paix.


Elle ne doit s'éteindre que lorsque l'humanité aura définitivement renoncé aux armes nucléaires.

Puis le Cénotaphe, qui contient les noms des victimes du bombardement atomique. Tous les 6 août, la liste continue de s'allonger, à mesure que les hibakusha (terme qui désigne ceux qui ont été exposé à la bombe) continuent de mourir des effets à long terme des radiations.


Remarquez que vu d'ici, les trois éléments sont alignés.

Le musée se trouve au fond du parc. Je n'ai pas pris de photos à l'intérieur, et je vous encourage vivement à le visiter si vous en avez l'occasion. Attention, l'endroit est susceptible de provoquer des émotions difficiles, même pour les personnes qui se pensent endurcies ou qui l'ont déjà visité.


Une photo de l'extérieur

Une des ailes du musée expose le contexte historique, à partir de la fin du XIXème siècle, tentant de nous faire comprendre comment l'humanité en est arrivée là. Chose remarquable, et dont je ne me souvenais pas, les explications n'hésitent pas à rappeler plusieurs fois la responsabilité du Japon dans la guerre. La montée du nationalisme nippon et ses guerres avec les pays voisins sont pointées du doigt sans équivoque comme une des causes directes du bombardement et une erreur à ne jamais reproduire. En cela, le musée est un peu le reflet inversé du sanctuaire Yasukuni (lieu de culte où l'on trouve un musée glorifiant le passé militariste du Japon, et où l'on vénère les âmes de ceux qui sont morts pour le Japon, parmi lesquels 14 criminels de guerre de classe A. Chaque visite de l'endroit par un officiel est à l'origine de mois de tension avec la Corée et la Chine).

On remarquera également les copies de l'intégralité des télégrammes envoyés par les maires de la ville après chaque nouvel essai nucléaire au gouvernement responsable, l'invitant à renoncer au développement de nouvelles armes. Le dernier date de quelques mois, son destinataire est Kim-Jong Il.

Enfin, l'autre aile du musée expose des objets se trouvant dans la ville au moment du bombardement (dont un mur sur lequel se trouve une ombre, seule trace d'un être humain qui se trouvait là) ainsi que des photos illustrant les effets à court, moyen et long terme de l'explosion. C'est parfois à la limite de l'insoutenable, mais à mon avis nécessaire.



Le lendemain, nous avons passé la journée à Miyajima. Il s'agit d'une île située à une dizaine de minutes de Hiroshima en bateau.


Une vue de l'île depuis le bateau.

L'île est peuplée de Japonais, mais également de daims à peu près aussi aggressifs que leurs cousins de Nara.


Mais très agiles.


L'endroit le plus connu de l'île est sans doute le Itsukushima-jinja, un temple shinto construit sur la mer, qui semble littéralement flotter.


Devant le temple se trouve un grand torii qui a les pieds dans l'eau. C'est parait-il l'un des trois plus beaux paysages du Japon.


Au delà du fait qu'il semble flotter, le temple impressionne également par sa couleur vermillon.


Une sorte de cour intérieure submergée

"Pleased to meet you, hope you guessed my name..."

Il est probablement des centaines de raisons pour passer une journée à Miyajima : manger de l'anago, manger un manju (sorte de gâteau fourré) en forme de feuille d'érable... mais aussi pouvoir voir le temple à marée haute et à marée basse.


Le cadre devient en effet très différent.

Le torii montre ses jolies jambes.

On peut également aller faire un peu de randonnée dans les forêts du mont Misen (ce que j'ai fait il y a deux ans), ou aller visiter le Daisho-in, un sanctuaire sans doute moins impressionnant au premier abord mais qui en fait regorge de merveilles.


La rampe de l'escalier, constituée de moulins à prières

Le lieu comprend une petite armée de statues, représentant à la fois des figures du bouddhisme et des personnages issus du folklore japonais.


Le kappa : moitié canard, moitié tortue, moitié Mireille Matthieu et moitié tasse de thé.


Trois bonzes bons qui imitent trois singes sages.


Le tengu, sympathique démon montagnard à long nez.


Une série de douze bonzes, chacun représenté avec un animal du zodiaque chinois. J'ai la série complète en photo. J'ai mis le tigre par pure vanité (ou en hommage à Mister T).


Chaque statue représente un personnage bien précis.


Tout en haut, une statue de Bouddha.


Le sympathique Ebisu, divinité shinto de la prospérité.


Des offrandes très modernes.


Nous avons visité un dernier lieu, dont j'ai oublié le nom. On y trouve un certain nombre de peintures, de styles très variés, disposées au plafond.


Mieux vaut les avoir en peinture qu'en pension.


Des chevaux assez stylisés.



Un tigre qui ressemble à un dragon, et un dragon qui resemble à un tigre.


Des chevaux moins stylisés.

En dernier lieu, je citerai un objet véritablement frappant, un symbole de l'île au même titre que le torii...


... probablement la plus grosse spatule à pizza en bois du monde.

Au prochain message, vous avez rendez-vous avec la magie de Disney. Puis ensuite, j'en finis une bonne fois pour toutes avec ce récit de vacances. Peut-être.

1 commentaire:

Hugues a dit…

Je suis jaloux. Je n'ai pas pu voir le sanctuaire à marée haute...