Après environ six mois d'inactivité (ou de trop plein d'activité en fait : me refaire une culture cinématographique, travailler, chanter, voyager un peu mais pas beaucoup, apprendre les noms, les plats préférés et les groupes sanguins de 48 chanteuses, gagner au bowling, manger dans des izakayas deux fois par semaine, recevoir des amis, rentrer en France et plein d'autres petites choses qui mises bout à bout prennent bien six mois), je relance ce blog. Au programme : des mises à jour complètement aléatoires, des photos d'endroits célèbres au Japon, des commentaires subjectifs, ignares et inconséquents sur la société japonaise et la suite des aventures de M le maudit. Tout pareil qu'avant, donc.
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En septembre dernier, un petit impératif professionnel m'a conduit à retourner à Kyoto. Rejoint par quelques amis sur place, j'en ai profité pour en finir une bonne fois pour toutes avec les trois plus beaux paysages du Japon en allant me promener sur le Amanohashidate, soit le pont du paradis. Si vous avez raté le début, les deux autres endroits sont évoqués ici et là.
Le Amanohashidate se trouve vers le nord de Kyoto, à environ deux heures en train de la ville. Il est touristique, mais beaucoup moins que Miyajima et Matsushima, probablement parce que s'y rendre oblige à sortir des sentiers battus du Shinkansen.
Juste avant le pont se trouve un temple bouddhique. Aux arbres sont attachés les classiques bouts de papier sur lesquels sont écrits des voeux...
Devant le Amanohashidate se trouve un autre pont, qui au lieu de se soulever pour laisser passer les bateaux, tourne sur lui-même.
Un peu plus loin, une stèle en pierre qu'on croirait presque en mousse nous indique que nous nous trouvons devant l'un des "Nihon sankei", soit les trois vues du Japon
Le "pont" en lui même est une bande d'environ 3,5 km de long et 200 m de large, constituée pour moitié d'une plage de sable et pour moitié d'une forêt de pins avec de chaque côté, la mer. Il est possible de le parcourir rapidement en vélo de location, mais à pied c'est très agréable aussi.
Un bug dans la matrice ? En tout cas, c'est nettement plus impressionnant que les tourbillons de Naruto.
C'est une fois arrivé de l'autre côté que l'on commence à avoir une meilleure idée de l'endroit.
L'eau est très transparente. On peut apparemment s'y baigner, mais je ne m'y suis pas risqué.
A proximité se trouve un sanctuaire shinto où se trouve une curiosité : un tuyau de bambou qui laisse échapper un son mystérieux.
A l'oreille ça ressemblait au bruit d'une goutte d'eau tombant sur une plaque métallique, mais je n'exclus pas qu'il s'agisse de taupes en métal qui creusent.
J'en profite pour souhaiter un excellent quart de siècle à Super Mario
On peut ensuite atteindre un point de vue pour voir le pont de plus haut en prenant un télésiège.
Dans la famille mascottes hideuses, je demande Monsieur Pomme de Pin.
愛
Le lendemain, petite promenade dans Kyoto, avec un déjeuner au bord de la rivière.
Une statue de Izumo no Okuni, la créatrice du kabuki, un art de la scène bien vite confisqué par les hommes. Une semaine après, j'allais par hasard faire un tour sur sa tombe, mais ceci est une autre histoire.
Dans l'après-midi, nous sommes allés au Kiyomizudera, ou temple de l'eau pure.
Une vue de Kyoto, au loin.
En traversant le Kiyomizudera, on peut atteindre un sanctuaire shinto appelé le Jishu-jinja, dédié à l'amour. Ce temple est connu pour contenir les "deux pierres de l'amour".
La première pierre. Pour la petite histoire, j'ai réussi à faire le parcours sans bousculer personne, encouragé par des Japonaises dont je ne connaîtrai jamais le visage mais qui se sont mises à hurler spontanément "Gambatte !" quelque part sur ma gauche comme dans un mauvais drama. J'ai été aidé par un ami, donc selon le mode d'emploi, mon voeu va se réaliser bientôt mais quelqu'un a la tâche peu enviable de me servir d'entremetteur.
Dans le Kiyomizudera se trouve une source d'eau pure qui aurait des vertus curatives. Elle s'écoule en trois jets. On peut fixer un petit bol au bout d'une longue canne que l'on tend pour les atteindre et ainsi pouvoir goûter l'eau.
Malins, les Japonais préfèrent remplir des bouteilles en plastique, histoire de ramener un peu de bénédiction chez eux.
婦
Ca faisait plus d'un an que je n'étais pas retourné à Kyoto et je suis encore loin d'avoir tout vu. J'y passerai sans doute encore une fois au cours de mon dernier tour de piste dans quatre mois.
婦
Avec le retard qu'a pris le blog, j'ai oublié de vous confirmer la nouvelle évoquée il y a deux messages de cela. N, le fils de M le maudit et de sa charmante épouse est né ! Et pour fêter ça, ils sont venus, ils sont tous là pour un dernier baroud d'honneur (le métro de Tokyo est devenu beaucoup plus civilisé, comme les prochains messages devraient le montrer) : le salaryman qui s'assied n'importe comment avec sa feuille de papier A0 vierge chiffonnée ! Le NEET au baggy informe qui se nourrit uniquement de chips et de bière ! L'OL qui coupe ses cils dans le métro au risque de perdre la vue (et de devoir se balader avec un bandeau chirurgical sexy) ! Le contorsionniste qui téléphone alors qu'il n'y a même pas de réseau entre deux stations ! Avec de telles fées penchées sur son berceau, c'est sûr, le petit N démarre bien dans la vie.