mardi 28 septembre 2010

戻[retour]

Après environ six mois d'inactivité (ou de trop plein d'activité en fait : me refaire une culture cinématographique, travailler, chanter, voyager un peu mais pas beaucoup, apprendre les noms, les plats préférés et les groupes sanguins de 48 chanteuses, gagner au bowling, manger dans des izakayas deux fois par semaine, recevoir des amis, rentrer en France et plein d'autres petites choses qui mises bout à bout prennent bien six mois), je relance ce blog. Au programme : des mises à jour complètement aléatoires, des photos d'endroits célèbres au Japon, des commentaires subjectifs, ignares et inconséquents sur la société japonaise et la suite des aventures de M le maudit. Tout pareil qu'avant, donc.





En septembre dernier, un petit impératif professionnel m'a conduit à retourner à Kyoto. Rejoint par quelques amis sur place, j'en ai profité pour en finir une bonne fois pour toutes avec les trois plus beaux paysages du Japon en allant me promener sur le Amanohashidate, soit le pont du paradis. Si vous avez raté le début, les deux autres endroits sont évoqués ici et .

Comme d'habitude, un petit avant (d'é)goût de ce qui va suivre.

Le Amanohashidate se trouve vers le nord de Kyoto, à environ deux heures en train de la ville. Il est touristique, mais beaucoup moins que Miyajima et Matsushima, probablement parce que s'y rendre oblige à sortir des sentiers battus du Shinkansen.


Juste avant le pont se trouve un temple bouddhique. Aux arbres sont attachés les classiques bouts de papier sur lesquels sont écrits des voeux...

... mais aussi, plus inhabituel, des éventails.


Devant le Amanohashidate se trouve un autre pont, qui au lieu de se soulever pour laisser passer les bateaux, tourne sur lui-même.


Un peu plus loin, une stèle en pierre qu'on croirait presque en mousse nous indique que nous nous trouvons devant l'un des "Nihon sankei", soit les trois vues du Japon

Le "pont" en lui même est une bande d'environ 3,5 km de long et 200 m de large, constituée pour moitié d'une plage de sable et pour moitié d'une forêt de pins avec de chaque côté, la mer. Il est possible de le parcourir rapidement en vélo de location, mais à pied c'est très agréable aussi.


Un arbre à robinets ! Malheureusement, quelqu'un a déjà récolté toutes les pommes de douche.


Le pin d'Akiko (il n'est plus).






Un bug dans la matrice ? En tout cas, c'est nettement plus impressionnant que les tourbillons de Naruto.

C'est une fois arrivé de l'autre côté que l'on commence à avoir une meilleure idée de l'endroit.


Ca ressemble déjà un peu plus à un pont


L'eau est très transparente. On peut apparemment s'y baigner, mais je ne m'y suis pas risqué.

A proximité se trouve un sanctuaire shinto où se trouve une curiosité : un tuyau de bambou qui laisse échapper un son mystérieux.


A l'oreille ça ressemblait au bruit d'une goutte d'eau tombant sur une plaque métallique, mais je n'exclus pas qu'il s'agisse de taupes en métal qui creusent.


Une tortue. Génial !


J'en profite pour souhaiter un excellent quart de siècle à Super Mario

On peut ensuite atteindre un point de vue pour voir le pont de plus haut en prenant un télésiège.


Dans la famille mascottes hideuses, je demande Monsieur Pomme de Pin.

"Quand te reverrai-je, pays merveilleux..."

Il est une tradition lorsque l'on va se promener vers le Amanohashidate. Une fois arrivé au point de vue, il faut tourner le dos au pont, écarter les jambes puis mettre la tête en bas. Les gens qui ont gardé une âme d'enfant ont alors l'impression de voir le pont flotter dans le ciel. Faire cette petite acrobatie porterait bonheur, paraît-il. Personnellement, ça m'a surtout donné mal au dos pendant deux jours, mais peut-être que les Japonais ont une autre définition du bonheur.

Quelle souplesse !


Photo sans trucage et sans filet : je l'ai prise la tête en bas. Regardez comme il flotte !



Le lendemain, petite promenade dans Kyoto, avec un déjeuner au bord de la rivière.



Une statue de Izumo no Okuni, la créatrice du kabuki, un art de la scène bien vite confisqué par les hommes. Une semaine après, j'allais par hasard faire un tour sur sa tombe, mais ceci est une autre histoire.

Dans l'après-midi, nous sommes allés au Kiyomizudera, ou temple de l'eau pure.



Une vue de Kyoto, au loin.

En traversant le Kiyomizudera, on peut atteindre un sanctuaire shinto appelé le Jishu-jinja, dédié à l'amour. Ce temple est connu pour contenir les "deux pierres de l'amour".

Une petite explication sur les deux pierres de l'amour. Elles sont à peu près à 18 mètres l'une de l'autre. Entre les deux, un paquet de touristes qui se tamponnent le coquillard du succès de vos voeux amoureux. En bousculer un revient à ne pas regarder quelqu'un avec qui l'on trinque.


La première pierre. Pour la petite histoire, j'ai réussi à faire le parcours sans bousculer personne, encouragé par des Japonaises dont je ne connaîtrai jamais le visage mais qui se sont mises à hurler spontanément "Gambatte !" quelque part sur ma gauche comme dans un mauvais drama. J'ai été aidé par un ami, donc selon le mode d'emploi, mon voeu va se réaliser bientôt mais quelqu'un a la tâche peu enviable de me servir d'entremetteur.

Dans le Kiyomizudera se trouve une source d'eau pure qui aurait des vertus curatives. Elle s'écoule en trois jets. On peut fixer un petit bol au bout d'une longue canne que l'on tend pour les atteindre et ainsi pouvoir goûter l'eau.


Malins, les Japonais préfèrent remplir des bouteilles en plastique, histoire de ramener un peu de bénédiction chez eux.

Ca faisait plus d'un an que je n'étais pas retourné à Kyoto et je suis encore loin d'avoir tout vu. J'y passerai sans doute encore une fois au cours de mon dernier tour de piste dans quatre mois.



Avec le retard qu'a pris le blog, j'ai oublié de vous confirmer la nouvelle évoquée il y a deux messages de cela. N, le fils de M le maudit et de sa charmante épouse est né ! Et pour fêter ça, ils sont venus, ils sont tous là pour un dernier baroud d'honneur (le métro de Tokyo est devenu beaucoup plus civilisé, comme les prochains messages devraient le montrer) : le salaryman qui s'assied n'importe comment avec sa feuille de papier A0 vierge chiffonnée ! Le NEET au baggy informe qui se nourrit uniquement de chips et de bière ! L'OL qui coupe ses cils dans le métro au risque de perdre la vue (et de devoir se balader avec un bandeau chirurgical sexy) ! Le contorsionniste qui téléphone alors qu'il n'y a même pas de réseau entre deux stations ! Avec de telles fées penchées sur son berceau, c'est sûr, le petit N démarre bien dans la vie.


"Arrêtez ! ARRETEZ ! FAITES LE CHEZ VOUS ! PENSEZ AUX ENFANTS !"

5 commentaires:

Anonyme a dit…

J'inaugure ce grand retour par un commentaire passionnant :
ADMIRATION
BLAGUE
JOIE
RÉFÉRENCE A POKÉMON
POINTE D'HUMOUR ET D'IRONIE !

Voici ce que vous retrouverez
Au prochain épisode.
(si ça c'est pas des encouragements)

Anne Aunime

Jacob D-M a dit…

Nous aussi, nous sommes venus, nous sommes tous là. Mais... mais c'est Jibi l'amoroso, oui le beau Jibi, qui est revenu au village (sans prétention) après une si longue absence !

Harl a dit…

Est-ce grave de comprendre presque toutes les références ? Non, ça ne l'est pas.

Est-ce grave de ne pas avoir vu l'Amanohashidate de mes yeux vu ? Non, ça ne l'est pas.

Est-ce grave de se demander si N, le fils de M le maudit et de son anonyme épouse aux yeux torves allait grandir pour devenir le plus grand détective du monde ? Non, ça ne l'est pas.

Est-ce grave d'avoir remarqué que Mr. Pomme de pin avait une salopette qui souriait ? Oui, plutôt, oui.

Francois a dit…

Mais finalement c'est bien un des trois plus beaux paysages du Japon ou un gros attrape-couillon ?

Content de revoir ce blog! Et M m'avait bien manqué... Longue vie à N !

Jibi a dit…

@François : je ne peux pas (encore) prétendre avoir vu tout le Japon. Mais en tout cas, cet endroit est vraiment très joli. Et s'y promener est vraiment très agréable.