mardi 14 juillet 2009

壇[podium]

Comment sera mon rédempteur ? Je me le demande. Sera-t-il un taureau ou un homme ? Sera-t-il un taureau à tête d’homme ? Ou sera-t-il comme moi ?

Jorge Luis Borges, la demeure d'Astérion



Ce dimanche, un quatorze juillet anticipé avait lieu à l'Institut Franco-Japonais. Je m'y suis rendu principalement pour assister aux concerts. Il faut dire que le thème annoncé était "Cloclo made in Japan", en l'honneur du chanteur né il y a 70 ans. Et je n'ai pas été déçu. L'artiste vedette était en effet l'improbable Kenzo Saeki, qui enfonce complètement Benoît Poelvoorde dans la course au titre du meilleur Claude François du monde. L'homme ne perd pas de temps : dès sa brève première apparition, il a osé un jeu de mot visuel encore plus obscur que mes pires montages sous paint.

En hommage à Serge Gainsbourg, voici donc "l'homme à la tête de sushi" (sic)

Le groupe suivant, elect-link, était un duo guitare voix dont j'ai trouvé les sonorités très agréables. J'ai particulièrement apprécié la reprise bossa nova de "Je vais à Rio", un arrangement qui fait finalement beaucoup plus sens que l'original.



...de Janeiro !

A suivi Natsumi Harada, chanteuse et guitariste qui a entre autre interprété une chanson d'Edith Piaf.



Lorsque j'ai vu le groupe suivant faire le tour des jardins dans leurs costumes zarbi avec des cravates en plastique pour expliquer qu'ils étaient le "meilleur groupe du Japon", j'ai senti que j'allais bien les aimer.


Budo - Grape est un quintette punk rock venu de Nagoya. De gauche à droite : Matsui Grape, bassiste tout timide ; Quminco Grape, chanteuse très genki ; Taichi Grape, batteur discret mais efficace ; Nagai Grape, guitariste bien attaqué ; et Midori Grape, de son propre aveu extra-terrestre de la planète champignon qui utilise un synthé au son pourrave bien comme il faut.

Après les prestations plutôt calmes qui avaient précédé, le groupe a insufflé une bonne dose d'énergie au public, alternant chansons originales, reprises de Claude François ("Il fait beau, il fait bon") ou de Sylvie Vartan ("Irrésistiblement"), et questions indiscrètes ("Est ce que vous buvez assez ?", traduit bizarrement par un "You should drink more !"). En tout cas, c'est à partir de ce moment là que j'ai un peu pété les plombs, puisque j'ai mitraillé le groupe, prenant 7 vidéos et autant de photos sans trop savoir pourquoi.

Quminco, à qui je suis allé serrer la main à la fin du concert

Si vous voulez écouter ce que ça donne, je vous encourage à aller faire un tour sur le myspace du groupe.


En plus, ils ont terminé par une chanson éducative



Quminco m'a tuer.

Nous sommes arrivés à la moitié de l'après-midi et le Maître est réapparu. Avec l'élégance des princes, il s'était vêtu d'un T-shirt du Che particulièrement audacieux. Il a interprêté une version de Alexandrie Alexandra en duo avec Kiyonori Matsuo, un homme à la chevelure de prof d'art plastique.

Vous pouvez apprécier (?) le clip, d'un goût équivalent au T-shirt de Kenzo Saeki, ici. La version que j'ai entendue au concert avait en plus des samples son de Game Boy.

Kiyonori Matsuo a ensuite interprété quelques chansons de son cru. Ont suivi un intermède uniquement instrumental, puis les discours officiels. Peu après, la soirée a commencé et ma vie a basculé : j'ai rencontré une étoile.

Si proche et pourtant inaccessible. J'ai eu l'impression d'être un paparazzo...

Oui, j'ai rencontré la seule, l'unique BAGUETTE BARDOT ! Je connaissais déjà sa version de Chanson Populaire, mais la voir en vrai est encore plus surprenant.



Je... je ne sais pas quoi dire.

On dit souvent qu'il ne faudrait jamais rencontrer ses idoles - Chuck Palhaniuk, auteur pour trentenaires mâles en colère comme moi, avoue qu'il appréhende de les entendre péter ou de les voir se curer les dents. Pour ma part, j'ai été ravi de rencontrer Baguette et d'échanger quelques mots avec elle, parce qu'elle est absolument adorable, et qu'en plus c'est une grande professionnelle. Même après son tour de chant, elle est restée dans la peau du personnage, quand bien même remettre en place ses mèches ou tenir une coupe de champagne tenait de l'épreuve.


Contact !

Enfin, le clou du concert : Kenzo Saeki est revenu une dernière fois, cette fois incarnant de façon approximative (ou saisissante, c'est selon) Claude François. Bizarrement, il a surtout chanté des versions en japonais de Gainsbourg, mais aussi de Vian (le cinématographe).


"Kenzo Saeki. Vous apprendrez à le connaitre."

Sa prestation se distinguait par des gags visuels aussi rapides qu'incompréhensibles exécutés avec un sérieux de ministre. Cet homme a compris que la seule solution pour offrir un hommage respectueux à une personnalité aussi kitsch que Cloclo est d'être à la fois mortellement sérieux et profondément absurde : un style d'humour qui, je pense, est finalement très japonais.




Le poinçonneur de Ginza

A la fin du concert, tous les artistes de la journée sont venus sur scène interprêter une version de "Comme d'habitude" beaucoup plus proche du My Way des Sex Pistols que de l'original. Et je ne m'en plaindrais pas.



Non, je ne filme pas volontairement aussi mal que le responsable de The Bourne Ultimatum. Chaque fois que j'entends My Way en version punk, je ne peux pas m'empêcher de head banger sauvagement.

Les artistes ont bissé avec Saturday Night Fish Fry, puis ont terminé sur Alexandrie Alexandra, à la demande insistante du public. Rideau.



Vous l'aurez compris, j'ai passé une très bonne journée alors que je ne m'y attendais pas du tout. Après avoir vu Cloclo changé en or par Kenzo Saeki et son gang d'alchimistes, je me suis pris à rêver de la transformation inverse. Dans 30 ans, je monterai un groupe avec lequel je reprendrai de la j-pop d'aujourd'hui en psychédélique/planant/punk/métal. Et je m'habillerai en Tommy February 6.

Reste une question : est ce que vous buvez assez ?

3 commentaires:

Unknown a dit…

test test un deux un deux

Unknown a dit…

Bon eh bien ça marche. Je ne sais pas quoi dire mis à part : VEUX ALLER ZAPON. Comme promis, je commente. ^^
J'aime particulièrement Baguette Bardot. C'est comme si nous, on créait une parodie de japonais en créant un Naruto Sushi.

Jibi a dit…

Si tu viens, on essaiera d'aller voir un concert scandaleux.