lundi 28 septembre 2009

松[pin]

Samedi matin, je me suis rendu au Tokyo Game Show, énorme salon annuel de jeux vidéos. Ce fut un bon moment, même si sur le plan vidéoludique, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent : principalement des suites et une absence déplorable de plombiers italiens. J'ai eu par contre eu l'occasion d'y croiser beaucoup de cosplayeurs, êtres humains particulièrement étranges parce que ce sont leurs vêtements qui les portent.

Le Japon sera probablement le premier pays au monde à développer ce genre d'armes. C'est culturel.



L'après-midi, j'ai pris le shinkansen jusqu'à Sendai, une des villes les plus importantes du Tohoku, la province la plus au Nord de Honshu. La ville est beaucoup plus calme que Tokyo, mais il y a quand même un certain nombre de choses à y voir, bien plus que je n'ai pu le faire en une journée. C'est la deuxième fois que j'y mettais les pieds, mais je m'étais borné à y passer en coup de vent la première fois pour aller les tremper dans le Pacifique.


Je n'avais pas réservé d'hôtel, et me suis donc arrêté pour la nuit dans un manga kissa. Pour ceux qui l'ignoreraient, il s'agit d'un web café couplé avec une vaste bibliothèque de manga, dans lequel il est possible de passer la nuit. Il arrive parfois que certaines personnes, souvent en situation de précarité, y vivent temporairement : le coût d'une nuit est modeste, et on y trouve, outre ordinateurs, téléviseurs et manga, des boissons gratuites, de la nourriture et même une douche. N'étant là que pour une nuit, j'ai choisi une chambre VIP.


Un canapé confortable...


... de quoi s'occuper toute la nuit...


... sans oublier une décoration de bon goût. On se sent vraiment chez soi.

Par contre, mieux vaut récupérer une des couvertures en libre service tout de suite. Je le saurai pour la prochaine fois.



Sendai est la ville de Date Masamune, dit le dragon borgne, seigneur de la guerre des XVIe et XVIIe siècles reconnaissable à son bandeau sur l'oeil et à la gigantesque virgule qui orne son casque (Nike, copieurs). On peut visiter son château...



... enfin, ce qu'il en reste.



Une petite explication.

Les ruines sont cependant un endroit agréable, avec un temple et quelques jardins et un bon point de vue.


Vue sur la ville depuis le château.


La représentation classique de Date Masamune : viril, puissant, un vrai meneur d'hommes.


La représentation moderne : délicat, trop bien sapé et manifestement très habile de ses mains.


Une représentation apocryphe, qui combine les qualités des deux autres.



En passant par Sendai, n'oubliez pas de goûter le plat local : le gyutan, ou langue de vache grillée. C'est très bon, même si le fait que les mascottes du restaurant sont de petites vaches mignonnes qui tirent la langue m'a fait me sentir légèrement coupable.


La soupe, elle, contient un morceau de queue de vache. Comment peut-on ne arriver à de pareilles extrémités ?



Le point d'orgue de mon passage dans le Nord a été ma visite de Matsushima. A l'instar de Miyajima, évoquée il y a quelques messages de celà, la baie a été désignée par on ne sait trop qui comme étant l'un des trois plus beaux paysages du Japon. J'ai eu la chance de profiter d'une petite éclaircie, ce qui m'a permis de vérifier par moi-même la réputation de l'endroit.


Une multitude de petites îles couvertes de pins.


Le pont qui mène à l'île de Fukuura.

Je suis passé rapidement sur l'île, où l'on trouve une pancarte pour le moins singulière.


En effet, je suis toute ouïe.


Cours !

Sur la terre ferme, on trouve un sanctuaire datant du IXe siècle, le Zuigan-ji. Je ne l'ai pas visité faute de temps, et parce que depuis le guichet de l'entrée, j'ai pu voir qu'il était en travaux. Mais ce n'est que partie remise, d'autant qu'il est connu pour être grand et vaste.



Quelques explications concernant les grottes du temple.


Allez, tous à la zen-cave !


Je repasserai probablement au moins une fois à Sendai avant la fin de mon séjour ici, probablement sur la route d'Hokkaido. Il me reste encore plusieurs lieux à voir, notamment le Zuigan-ji dans son entier, et le mausolée d'un des fils de Date Masamune. Par ailleurs, j'espère voir également le dernier des trois plus beaux paysages du Japon, mais c'est pas vraiment à côté...


Suivez moi.

mercredi 23 septembre 2009

城[château]

Dernière étape de mon voyage de vacances, il y a bien deux mois maintenant : Himeji. Nous nous y sommes arrêtés sur le chemin du retour, entre Hiroshima et Tokyo. La ville est surtout remarquable pour son château en bois, l'un des derniers du Japon. Comme je n'ai pas grand chose d'autre à dire, je vais me contenter de photos commentés


Le château d'Himeji



Une planche comprenant les sceaux d'un certain nombre de familles nobles.


Un clou. Notez le design trop mignon avec motifs en coeur.


Mousquets et sacs de poudre disponibles en cas d'attaques.


Une armure de samourai


La poutre maitresse.


Une vue de la ville d'en haut (le château est situé en hauteur, et mesure cinq étages.


Une maquette qui montre l'étendue du château à l'époque de sa prospérité.


Une histoire absolument épique de trahison, de meurtre et de vaisselle. Pensez-y la prochaine fois que vous cassez une assiette.


Des douves pleines de lentilles. Celles du château d'Osaka étaient plus engageantes.


Dans une dépendance autrefois construite pour une princesse, deux mannequins jouent à une sorte de memory avec des coquillages.



Cette fois, c'en est bien fini pour ce compte-rendu interminable. Au début, je souhaitais faire un post par jour et en terminer en une semaine à mon retour. Comme vous le voyez, j'ai lamentablement échoué, mais au moins cela m'aura permis d'y réfléchir un peu plus. J'ai ensuite passé une semaine en vacances à Tokyo, mais j'ai déjà parlé de la plupart des endroits visités. Une dernière image, cependant, pour montrer à quel point les Japonais aiment rigoler avec les points d'eau.


Cherchez l'erreur.


Allez, c'est fini. Va falloir que je recommence à avoir une vie sociale, histoire de trouver de nouveaux sujets.

dimanche 13 septembre 2009

鼠[souris]

Dimanche il y a huit jours, comme j'avais quelque chose à fêter, je me suis rendu au parc Disney Sea de Tokyo avec deux joyeux compagnons. L'endroit se trouve à une quarantaine de minutes de chez moi en métro, je pourrai donc recommencer autant de fois que je le veux.


Disney Sea, un endroit fantastique. Notamment parce que c'est le seul lieu en extérieur au Japon où on trouve des poubelles à tous les coins de rue.

Le parc Disney de Tokyo est, à l'instar des autres, double. Il y a le parc classique, similaire un peu partout dans le monde, et un second, plus récent et avec moins d'attractions. Ici, il s'appelle Disney Sea, et les zones thématiques n'ont en majorité pas de rapport avec les classiques de l'ami Walt. Elles tournent par contre toutes autour de l'eau, sous une forme ou une autre. Le parc contient les zones suivantes :

- Mediterranean Harbor :

Une version en toc de la lagune de Venise.

Attractions : pas beaucoup, vu qu'il s'agit de l'entrée du parc on y trouve surtout beaucoup de boutiques. Il y a quand même quelques gondoles particulièrement approximatives que nous n'avons pas pu essayer à cause d'un mauvais timing.


On y prépare aussi Halloween très très tôt

- American Waterfront :

Le port de New York avant la crise économique (celle de 1929, j'entends). Le restaurant est un deli aux sandwichs délicieux, bien que frugaux.

"Le Mile High sandwich", aussi connu sous le nom de "sandwich de 1609,3426 mètres", mais c'est moins vendeur. Par contre, c'est tout aussi mensonger.

Un tramway relie cette partie du parc à l'autre extrémité.

"Ding! Ding!"

Lorsque l'on s'éloigne un peu, le décor change, évoquant un petit village de pêcheurs de la côte Est.

"Je resterai toujours la fille trop grande qui vit de l'autre côté de la rivière !"

Attractions : la tour de la terreur. Après une mise en condition effectuée par des employés en tenue de grooms et sans doute plus efficace pour ceux qui maitrisent toutes les subtilités de la langue de Murakami (les deux), on s'assied dans une cabine d'ascenseur qui va en haut de la tour, puis est brutalement lâchée en chute non pas libre, mais accélérée. Deux fois.


Verdict : à refaire plusieurs fois. J'aime les tenues de groom. Et hurler à pleins poumons, aussi.

- Port discovery :
"La marina du futur". Comme souvent, le futur imaginé il y a a peine quelques années dégage déjà une furieuse odeur de rouille et d'ozone.

Attractions : Storm riders, une incroyable simulation de tempête fermée pour travaux. De toute façon, on avait déjà eu un typhon la semaine dernière. Nous nous sommes donc rabattus sur ce qui semblait être...


... des autotamponeuses ! Sur l'eau ! DANS LE FUTUR !

Aquatopia : en réalité, il s'agit simplement d'un petit circuit semi-aléatoire sur rails. Le véhicule s'arrête brusquement, tourne sur lui même, repart en marche arrière. Verdict : mou. A faire la nuit, c'est plus rigolo.

- The Lost River :


Un bout de forêt perdue générique d'Amérique Latine. Les employés sont tous habillés comme dans Tintin au Congo et refusent de parler autre chose qu'espagnol, avec néanmoins un fort accent japonais (ce qui soit dit en passant, est beaucoup moins charmant qu'une Serveuse du Segafredo qui s'obstine à parler italien). Le risque de croiser des mariachis est de force 5 sur l'échelle de Banderas.

Attractions : Indiana Jones et le crâne de cristal.


Feu et eau


Un véhicule ressemblant vaguement à une Jeep mais en plus long, nous balade dans les couloirs d'une pyramide aztèque. Aucun piège ne manque, même pas la grosse boule ou les têtes en pierre cracheuses de fléchettes empoisonnées. De temps à autre, un Indiana Jones en animatronique vient nous causer. Verdict : très sympa. Le film est à chier, par contre.

Raging spirits.

Montagnes russes avec un looping à 360°. La nuit, l'éclairage particulier donne des sensations différentes. Verdict : sympa aussi, et remet les idées en place.

- Arabian Coast :

Bagdad la magnifique, à moins qu'il ne s'agisse d'Agrabah.

Attractions : un manège européen sous une coupole.

Le voyage de Sindbad. Une promenade tranquille en bateau, avec des animatroniques qui racontent les voyages de Simbad le marin. L'histoire est un peu embellie par rapport aux aventures originelles de celui qui mériterait de s'appeler Simbad le naufragé (sept voyages, sept naufrages et une excuse à chaque fois plus bidon). Verdict : reposant, et la chanson et la mise en scène sont beaucoup moins terrifiantes que dans "It's a small world".

- l'Ile Mystérieuse :


Le coin steampunk du parc. Très inspiré de Jules Verne, la vision du futur parait paradoxalement beaucoup moins dépassée que celle proposée quelques paragraphes plus haut. A signaler, un restaurant du nom de...


Giscard, reviens. Ils sont devenus fous.

Attractions : 20 000 lieues sous les mers. Ou un voyage fantastique dans le Nautilus, à la rencontre d'une civilisation perdue. L'illusion d'être dans un sous marin est donnée par de l'eau et des bulles qui passent à l'intérieur du double vitrage. Verdict : pas très intérebloubloublou

Le Centre de la Terre.

Malheureusement, pas de missiles sur ces véhicules.

Une attraction qui explore le concept de "kawaii-bourrin". La partie kawaii, au début, nous promène parmi des champignons, des fleurs et des lézards fluos. La partie bourrin comprend un ver géant et une accélération (trop) brève. Verdict : beaucoup mieux la deuxième fois. Définitivement.

- le Lagon de la Sirène :

Je ne vous ferai pas l'affront de rappeler quel grand classique de Disney a inspiré cette section.

Attractions : LES TASSES ! La meilleure attraction de tous parcs d'attractions confondus. A déconseiller aux personnes à l'estomac fragile, à la maîtrise incertaine de la force centrifuge ou au sens du ridicule trop prononcé. Verdict : LES TASSES !

Le parc est assez petit, et il est facile d'en faire plusieurs fois le tour en une journée. Une dernière question se pose bien sûr : quid des mascottes ? On n'en croise pas beaucoup, peut être parce que la thématique Disney est moins présente que dans l'autre parc.

Le maître des lieux a cependant daigné nous accorder sa présence le temps d'un spectacle.

Dans le même temps, pas besoin de payer des mascottes quand les visiteurs eux-mêmes jouent allègrement le rôle : un bon tiers des japonaises présentes se baladaient avec des oreilles de Minnie dans tous les styles possibles et imaginables. Classiques, à pois, roses, modèle peau de panthère ou édition spéciale Halloween avec une couronne et des petites ailes de chauve-souris, il y en avait pour tous les goûts. Sauf peut-être le bon.

Et pour citer ce bon vieux Bruno Mattei : "Elles sont des milliers ! AAAAAAAAAAH"



Qu'est ce que le chic ? Deux réponses en provenance du Japon. La première en image :


Et la seconde en musique.