Elle était pâle et frêle, presque transparente et son aspect avait quelque chose de maladif. Sans doute une drosophile échappée du laboratoire d'à côté.
Quand j'ai tourné la tête vers mon verre, elle était déjà partiellement dissoute, deux tâches grisâtres de part et d'autre de son corps sans vie. Elle faisait le tour du verre en flottant, son mouvement sans cesse perturbé par l'éclatement des bulles de gaz carbonique remontées à la surface.
Quand j'ai tourné la tête vers mon verre, elle était déjà partiellement dissoute, deux tâches grisâtres de part et d'autre de son corps sans vie. Elle faisait le tour du verre en flottant, son mouvement sans cesse perturbé par l'éclatement des bulles de gaz carbonique remontées à la surface.
J'ai longuement contemplé le corps de cette mouche, adaptée à la vie en laboratoire mais incapable de survivre plus de quelques minutes dans le monde extérieur. Soudain, sans le vouloir, j'ai repensé à Minami.
蝿
Trois messages et un an et demi plus tôt, j'étais les pieds dans une source chaude à Beppu, en train de lire Kafka sur le rivage. Le lendemain, j'avais la plus mauvaise idée de ces vacances d'automne 2009 : aller me balader au sommet d'un volcan en activité. L'idée de départ était séduisante pourtant. Je devais couper mon long trajet entre Beppu et Kumamoto par un petit tour sur le mont Aso. En photo, l'endroit avait l'air superbe...
... l'accueil était chaleureux...
... et mêmes les lieux dits du coin donnaient envie de rester plus longtemps.
Malheureusement, en automne et lorsque Aso est particulièrement en forme, ça donne ça :


Retenez bien ce message : si vous tombez dans un mauvais jours vous l'entendrez en boucle et en cinq langues pendant toute la durée de votre balade sur le cratère.
Le cratère (n'insistez pas, c'est la meilleure photo du lot). Notez le panache de gaz toxique qui me fonce dessus.
Une nouvelle preuve qu'on peut trouver des jizô, statuettes bouddhiques très caractéristiques, absolument n'importe où.
... et mêmes les lieux dits du coin donnaient envie de rester plus longtemps.
Malheureusement, en automne et lorsque Aso est particulièrement en forme, ça donne ça :
Dans un décor de fin du monde, sous un crachin agressif dont les gouttes sales laissaient de longues trainées de cendre grisâtre sur mon blouson de cuir, j'ai couru d'une zone à l'autre au rythme des changements de sens du vent et des annonces du haut parleur. Au bout de dix minutes, j'ai décidé d'arrêter les frais et suis redescendu. Au final, le petit détour aura duré deux heures dont la plus grande partie aura été passée en transports. Le mont Aso mérite cependant le détour, et certainement encore plus en des saisons plus clémentes. J'espère y retourner après avoir investi dans des amis randonneurs.
花
Cette petite histoire illustre plus largement une question dont je n'ai pris conscience que tout à la fin de mon séjour de deux ans : visiter le Japon hors saison, c'est tranquille mais on passe à côté de beaucoup de choses. Par exemple, le grand bain à ciel ouvert de Zao Onsen, qui peut accueillir jusqu'à 200 personnes, ne fonctionne qu'en été - je suis évidemment allé y passer Noël. Pour les mêmes raisons, j'ai visité beaucoup de jardins, mais vu très peu de fleurs. Heureusement, les horticulteurs du château de Kumamoto ont pensé aux gens comme moi, puisque l'endroit s'est spécialisé dans non pas une, ni deux, mais bien six variétés de fleurs qui éclosent chacune à des moments différents de l'année. Il y a donc toujours quelque chose à voir.
Lors de mon passage, c'était camélias d'automne...
... et chrysanthèmes.
En vrac, quelques autres informations sur Kumamoto :
Le château vaut la peine d'être visité, même s'il s'agit d'une reconstitution. Il reste quelques fondations et bâtiments d'origine.
Lorsque ce mur a été prolongé, les techniques de construction avaient évolué, d'où les pierres posées de deux façons différentes.
- dans la cour du château, une plaque raconte la fin héroïque de Goro de Yokote, une histoire de vengeance, de trahison et de gravier.
Bon, je suis mauvaise langue, c'est un restau thaï.
A suivre, quelques mots sur Fukuoka et ensuite on pourra peut-être passer à 2010.
Lors de mon passage, c'était camélias d'automne...
秋
En vrac, quelques autres informations sur Kumamoto :
- dans la cour du château, une plaque raconte la fin héroïque de Goro de Yokote, une histoire de vengeance, de trahison et de gravier.
Bon, je suis mauvaise langue, c'est un restau thaï.
- Kumamoto est à la pointe de la modernité en ce qui concerne la musique.
A suivre, quelques mots sur Fukuoka et ensuite on pourra peut-être passer à 2010.

3 commentaires:
Il y avait tant de nuages que ça pour que tu ne te rendes pas compte qu'il n'y a pas de lac dans les environs du Mont Aso. Mais bon, Kyushu et Hokkaido, vu de France, c'est facile à confondre...
Ahah, ça m'apprendra à prendre une photo à l'arrache sans regarder la légende.
Whao un post ! :D
Armie
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